Affmic
Association Française des Foyers Mixtes Interconfessionnels Chrétiens

Mariage Catholique Orthodoxe

Voici quelques textes des Eglises pour les mariages entre catholique et orthodoxe :
Recommandations du Comité épiscopal catholique et du Comité inter-épiscopal orthodoxe
Directoire oecuménique du Conseil Pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens (1993)

Et des exemples de recommandations pastorales en Suisse :
Le mariage orthodoxe-catholique romain (Suisse)
Un rituel Protestant-Orthodoxe (Suisse)

ou en France :
Initiative de Marseille (1976)

Recommandations du Comité épiscopal catholique et du Comité inter-épiscopal orthodoxe en France (Extraits)

Préparation au mariage

13. C’est dès la préparation au mariage et, si possible, dès le début des fiançailles, que doit être mise en ouvre la pastorale commune.
Il importe avant tout d’attirer l’attention des fiancés sur la signification du mariage chrétien et les responsabilités qu’il implique. La catéchèse prénuptiale ne saurait donc se limiter à la préparation d’une « cérémonie » : elle exige une instruction relative à la doctrine chrétienne du mariage comme sacrement, à sa sainteté, à son unité, à la fidélité que les époux se doivent pour la vie ; elle exige aussi une claire information sur les dispositions disciplinaires ou canoniques qui en sont la conséquence.
Dans toute la mesure du possible, cette information et cette instruction seront assurées par une collaboration des deux ministres, dans des entretiens séparés ou en commun avec les fiancés. Dans ce temps de recherche ces conseillers spirituels s’inspireront des recommandations faites par les Églises. Ils veilleront, en particulier, à adopter une attitude pastorale qui allie le respect de la conscience des futurs époux à l’éducation attentive de leurs responsabilités. Ils feront appel à leur foi, à leur charité, à la fidélité qu’ils doivent aux engagements de leur baptême. Ils les aideront à réfléchir, à se dégager des pressions, puis à prendre ensemble leurs responsabilités dans les décisions qui entraîneront le choix qu’ils feront pour la célébration de leur mariage.
Dans le cas où l’un des prêtres est unilatéralement sollicité de célébrer un mariage mixte, il est très souhaitable qu’il en fasse part, au moins à titre d’information, au ministre de l’autre Eglise et, si possible, qu’il invite le futur couple à le rencontrer.

14. L’Église orthodoxe demande que le mariage soit célébré par un prêtre orthodoxe, autrement le conjoint orthodoxe se trouverait dans une situation anormale vis-à-vis de son Église.
L’Église catholique de son côté demande que le mariage ait lieu en son sein elle reconnaît toutefois la validité du mariage d’un catholique célébré dans l’Église orthodoxe. De toute façon le conjoint catholique doit s’adresser à son évêque par l’intermédiaire du prêtre qui s’occupe de son mariage. Si des raisons valables militent en faveur d’une célébration non à l’Église catholique mais à l’Église orthodoxe, l’évêque est habilité à en donner l’autorisation. Cette autorisation est requise pour que cette célébration soit conforme à l’esprit et aux dispositions de l’Église (licéité du mariage).

15. Les Nouvelles dispositions pour les diocèses de France demandent aux prêtres catholiques de rappeler au catholique qu’il est tenu en conscience par la grave obligation de faire tout ce qui dépend de lui pour que ses enfants soient baptisés et élevés dans son Eglise et puissent participer à sa vie cultuelle et sacramentelle. De son côté, l’Église orthodoxe demande que les enfants issus d’un mariage mixte soient baptisés et éduqués dans la foi orthodoxe. Devant les conflits de conscience qui surgiront entre les fiancés, les prêtres s’efforceront, dans une collaboration aussi étroite que possible, de les aider à clarifier leur dialogue et à trouver la solution la meilleure pour eux : dans le respect de la foi de chacun, il faut sauvegarder au maximum l’unité fondamentale du couple et la responsabilité commune des deux époux face aux questions de la vie chrétienne familiale et conjugale.

16. Il faut constater la grave difficulté résultant d’une attitude divergente des Eglises à propos du divorce. Alors en effet que l’Eglise catholique n’autorise jamais à contracter mariage avec un divorcé (d’un mariage valide), l’Eglise orthodoxe remarie les divorcés en faveur desquels le divorce a été prononcé à la suite d’une procédure ecclésiastique.
En raison de cette difficulté, pour être fidèle à la doctrine et à la discipline de son Eglise, le prêtre catholique, dans l’entretien préalable à un mariage mixte, s’assurera que le conjoint orthodoxe est décidé à s’engager pour la vie.
De son côté, le prêtre orthodoxe avertira loyalement le catholique divorcé désireux de se remarier ou le catholique désireux d’épouser un orthodoxe divorcé que l’Eglise catholique ne reconnaît pas la validité d’un tel mariage.
La doctrine de l’unité et de la permanence du mariage chrétien doit constituer un thème majeur de toute catéchèse du sacrement et elle doit inspirer toute action pastorale l’accompagnant. Malgré la condescendance pastorale qu’elle pratique dans des cas graves, l’Eglise orthodoxe considère également le divorce comme une atteinte à l’idéal évangélique du mariage.

Célébration du mariage

17. Sur ce point, il convient de suivre les directives déjà données dans les documents disciplinaires des Eglises. Dans des cas exceptionnels où certaines dérogations aux dispositions en vigueur apparaîtraient nécessaires pour des motifs d’ordre pastoral, ces dérogations devront être soumises à la décision des autorités ecclésiastiques. La présence à la célébration du mariage dans l’une des Eglises concernées du prêtre de l’autre Eglise est souvent demandée. Ceci est possible à condition d’éviter toute confusion ; le prêtre invité pourra prononcer une homélie accompagnée d’une prière. Il n’est pas exclu non plus que, après ou avant la célébration du mariage selon le rituel d’une Eglise, des prières ou actions de grâces puissent être offertes dans l’autre Eglise.

18. En ce qui concerne la communion eucharistique dont le besoin peut être particulièrement ressenti à l’occasion de la célébration du mariage, il faut savoir que :

a) D’une manière générale l’Eglise catholique envisage la possibilité d’admettre les orthodoxes à la communion eucharistique catholique et de permettre aux catholiques de communier à l’église orthodoxe sous certaines conditions, notamment sous la réserve de l’accord des autorités orthodoxes compétentes.

b) La discipline commune de l’Eglise orthodoxe, tout en exhortant les fiancés à communier en vue de leur mariage, n’envisage pas nécessairement l’eucharistie au cours de sa célébration même. D’une manière générale, l’Eglise orthodoxe n’autorise pas ses fidèles à communier hors de l’Orthodoxie et elle n’admet pas des non orthodoxes à sa propre communion eucharistique.

Les conseillers spirituels auront le souci de rappeler que c’est le devoir des Eglises encore désunies de rechercher le rétablissement de la pleine communion dont l’eucharistie est le signe ; mais que ce problème ne pourra pas être résolu par des prises de position individuelles.
Toutefois, devant la souffrance des foyers mixtes, les Eglises prennent conscience de leur responsabilité dans ce domaine et de l’urgence qu’il y a de promouvoir à tous les niveaux les efforts pour la restauration de la pleine unité chrétienne.

Ces importantes Recommandations du Comité épiscopal catholique et du Comité inter-épiscopal orthodoxe en France, dont on n’a ici qu’un extrait, sont publiées intégralement dans Foyers Mixtes n° 37-38 (1977), p. 71-80 et n° 71 (1986), p. 64-73, ainsi que dans La documentation catholique 1971, p. 716-722.